Que la Spine Race commence !

Avec ses chutes de neige et ses températures glaçantes, l'année de trail démarre en Angleterre par la redoutable Winter Spine Race, un périple de 431 km au cœur de l'Angleterre et de ses territoires désolés. Vainqueur en septembre du Tor des Glaciers, en Italie, le Français Sébastien Raichon s'y confronte pour la première fois.

Extra D+
5 min ⋅ 06/01/2026

Salut, c’est Franck Berteau de Distances+,

Toute la rédaction se joint à moi pour vous souhaiter une excellente année 2026, et vous remercier d’être fidèle à cette newsletter ainsi qu’aux nombreux contenus que nous vous proposons sur nos réseaux sociaux et, bien sûr, via le podcast La Bande à D+, votre talk-show du trail présenté par Nicolas Fréret.

Et pour démarrer l’année en beauté, quoi de mieux que d’aller frissonner sur la terrible Winter Spine Race, où l’on retrouvera le Français Sébastien Raichon mais pas sa compatriote Claire Bannwarth, double vainqueure de l’épreuve (2023 et 2024), qui a confirmé à Distances+ qu’elle ne s’alignerait pas au départ.

Je vous parle aussi du fameux Trail du Bélier, à La Clusaz (Haute-Savoie), une course mythique déclinée depuis 2019 en “snow trail”, mais aussi de Guillaume Ruel, qui a laissé entendre sur ses réseaux sociaux qu’on pourrait bien le voir sur les sentiers en 2026.

Bonne lecture ! Bon Extra D+ !

+ Sébastien Raichon s’essaye à la Spine Race +

Quelques semaines après la diffusion de Run Again, le film d’Alexis Berg — désormais disponible sur YouTube — consacré en partie à la Winter Spine Race (2023) de Dave Pen, chanteur du groupe Archive, la plus redoutable des courses britanniques d’ultra-endurance revient ce dimanche 11 janvier pour une nouvelle édition.

À 8 h (heure locale), environ 160 participants s’élanceront sur la Pennine Way, un sentier exigeant et emblématique traversant l’Angleterre du sud vers le nord. Au cours de ce voyage de 431 km et plus de 10 000 m D+, d’Edale à Kirk Yetholm, à la frontière écossaise, les coureuses et les coureurs devront affronter des températures glaciales, ressenties encore plus intensément au milieu des territoires sauvages et désolés qui composent la majorité de l’itinéraire. Une épopée à parcourir en 168 heures maximum pour être finisseur.

© Alexis Berg© Alexis Berg

Le Français Sébastien Raichon figure parmi les favoris. Davantage habitué aux épreuves en haute montagne, le récent vainqueur du Tor des Glaciers (450 km et 35 000 m D+), en septembre, en Italie, a confié à Distances+ qu’il lorgnait sur la Winter Spine Race depuis un moment. “J’ai envie de découvrir de nouvelles courses, dans des conditions différentes, des courses plutôt typées “aventure”, explique-t-il. C’est le cas ici puisqu’il y a seulement cinq bases de vie sur l’ensemble du parcours, on est hyper autonome, en suivi de trace, avec aussi des cartes d’orientation.”

À 53 ans, le Vauclusien avoue se rendre Outre-Manche sans pression ni objectif précis, simplement motivé par la découverte et le plaisir d’aller au bout d’une de ces épreuves hors normes dont il est féru. “J’aimerais bien ne pas passer plus de trois longues nuits hivernales anglaises dehors, ce qui me ferait arriver sous les 85 heures, prévoit-il tout de même. Mais en réalité je n’ai aucune idée du temps que je vais mettre, j’avancerai au feeling, au fur et à mesure des jours.” Établi en 2024, le record de la course est détenu par le Britannique Jack Scott, en 72 h, 55 min et 05 sec.

Inscrite sur la liste des participants, la Française Claire Bannwarth — double gagnante de la Winter Spine Race (2023 et 2024) — a confirmé à Distances+ qu’elle ne s’alignerait finalement pas au départ de cette édition. Deux autres tricolores devraient eux être bien présents : Thibault Loué et Maël Jouan. Ce dernier compte déjà à son actif la version estivale de la Spine Race, achevée en 2024 en 138 h, 01 min et 27 sec.

+ Le Trail du Bélier, une institution +

La saison 2026 des “snow trails” est lancée ! Tirant son nom de l’animal figurant sur le blason de la commune de La Clusaz (Haute-Savoie) — référence à l’activité pastorale locale — le Bélier Blanc accueillera ces 9 et 10 janvier environ 3 000 participants répartis sur plusieurs épreuves (course à pied, ski de randonnée, raquettes), dont trois trails de 8 à 14 km.

À la nuit tombée, les coureuses et les coureurs emprunteront différents tronçons de la station et de son domaine skiable, avant de converger vers la Place de l’Église, lieu traditionnel d’arrivée. Devenu un succès en quelques éditions — il s’agira de la 7e ce week-end — ce rendez-vous est la déclinaison hivernale d’une institution : le Trail du Bélier.

© Marika Godin - Bélier Blanc© Marika Godin - Bélier Blanc

Lancée en 1986, à une époque où les courses en montagne n’étaient pas légion — et où le “trail” ne disait pas encore son nom —, l’évènement doit son existence à une bande d’amis du village, passionnés d’activités de plein air. Ils imaginent alors un parcours de 27 km et environ 1 100 m D+ demeuré inchangé depuis sa création, offrant aux participants le décor permanent du massif des Aravis.

Remporté par des grands noms du trail tels que Vincent Bouillard et Anne-Lise Rousset Séguret en 2022, le Bélier — comme il est surnommé — est surtout l’apanage des coureurs en montagne, qui pour certains en ont fait une classique récurrente. Entre 1989 et 2005, l’athlète marocain Chaham El Maati s’est imposé à six reprises. Le Français Emmanuel Meyssat a lui triomphé cinq fois à La Clusaz, dont quatre victoires consécutives de 2016 à 2019.

Chez les femmes, avec six sacres et également six deuxièmes places, la quadruple championne de France de trail court, Céline Lafaye, fait elle aussi partie des habitués. L’an passé, c’est Laure Desmurs qui l’a emporté, pour sa première participation. Du 21 au 23 août prochain, le Trail du Bélier fêtera ses 40 ans.

+ Guillaume Ruel bientôt sur les sentiers ? +

Et si Guillaume Ruel enfilait cette année ses chaussures de trail ? C’est en tout cas ce que le détenteur du record de France de 100 km route6 h 13 min et 41 sec, 8e meilleure performance mondiale de tous les temps — a laissé entendre fin décembre, sur ses réseaux sociaux. Interrogé par Distances+, le Normand de 27 ans n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur son calendrier 2026, confirmant simplement qu’il avait bien “des trails en tête” pour la fin de saison, et que tout dépendrait du déroulement des championnats du monde de 100 km route (pas encore annoncés), auxquels il compte participer.

Fin 2024, lors de la dernière édition de ces championnats du monde, à Bangalore (Inde), l’athlète du team Salomon avait été contraint à l’abandon au 52e km, victime d’une entorse à la cheville mettant un coup d’arrêt à ses rêves, non seulement de titre mais aussi de record du monde sur la distance — une ambition qu’il porte toujours. Opéré quelques semaines plus tard, celui qui détient par ailleurs le record d’Europe du 50 km route (2 h 47 min et 23 sec) avait vu son année se traduire par un retour progressif à la compétition, conclu à Deauville, en novembre, par une victoire sur marathon en 2 h 21 min et 44 sec.

+ À voir, À rude épreuve, de Martin Cauwel et Bastien Moignoux, un film documentaire retraçant la préparation de Guillaume Ruel en vue des championnats du monde de 100 km route de Bangalore (Inde), en 2024.


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Par Distances+

Distances + est un média journalistique, spécialisé dans le trail running.

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