Les Cornouailles, coup d'envoi du circuit "by UTMB"

Le circuit "by UTMB" démarre son année en Angleterre, dans les Cornouailles. Au programme : l'Arc of Attrition, une course de 162 km et 5 300 m D+ disputée le long d'un littoral dentelé par les falaises et balayé par les vents. Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, tentera d'y décrocher son ticket pour l'UTMB 2027.

Extra D+
5 min ⋅ 20/01/2026

🏃‍♀️ Extra D+ #26 🏃‍♂️

Salut, c’est Franck Berteau de Distances+,

Décidément, ce début d’année est placé sous le signe de l’Angleterre ! Après la Spine Race — dont je vous parle encore aujourd’hui à la suite des menaces de mort proférées à l’encontre de l’une des participantes, Sarah Porter, mise hors course par l’organisation —, l’Arc of Attrition by UTMB se déroulera ce week-end, dans les Cornouailles, à l’extrême sud-ouest du pays. L’une de nos journalistes sera sur place pour vous faire vivre l’événement sur nos réseaux sociaux.

Dans notre nouvelle rubrique — Sortez le pop-corn ! —, consacrée aux coups de cœur vidéos de la rédaction, je vous parle aussi des deux films qui m’ont le plus marqué lors de l’avant-première du Trail fait son cinéma, actuellement en tournée dans toute la France.

Avec une petite préférence pour Simon and US, d’Antonin Claude, un film retraçant la traversée des Aravis d’un Simon Paccard que l’on découvre aussi dans son intimité, au sein de la ferme familiale, sur fond d’une bande originale innovante. Touchant et authentique.

Bonne lecture ! Bon Extra D+ !

+ Tout au bout de l’Angleterre +

Rien que sur un écran d’ordinateur, la trace de l’Arc of Attrition by UTMB est impressionnante. Tel un trait de séparation entre terre et mer, l’itinéraire de 162 km et 5 300 m D+ épouse parfaitement le pourtour des côtes les plus méridionales des Cornouailles, comté situé à l’extrême sud-ouest de l’Angleterre. Là-bas, les sentiers surplombent des falaises que l’érosion semble avoir découpées au couteau. Le froid, le vent, la pluie et la boue peuvent s’inviter à tout moment au programme, surtout en janvier. Autant d’éléments qui usent progressivement les coureurs. “Usure progressive”, c’est ainsi qu’en français on traduit le terme “attrition”.

Intégré au circuit “by UTMB” en 2025, l’ultra-trail britannique s’est taillé une réputation d’épreuve coriace depuis sa création en 2015rude même —, à en croire les taux d’abandon, plus de 50 % en 2025. Souvent comparé à la Spine Race — le fait que les compétitions se déroulent toutes les deux au cœur de l’hiver joue sans doute pour beaucoup — l’Arc of Attrition est né dans la tête de trois amis, Jane Stephens, Andy Trudgian et Andrew Ferguson — un trio surnommé le MudCrew —, soucieux d’offrir aux coureurs locaux un événement à la fois convivial et sauvage.

© UTMB© UTMB

D’ici quelques jours, plusieurs Français se lanceront durant 100 miles à l’assaut d’une partie du littoral des Cornouailles, dont Julien Pasquier4e de l’Hivernale des Templiers (66 km et 2 220 m D+), en décembre dernier —, Paul Ogier11e des championnats de France de trail long (72 km et 5 000 m D+), en juillet 2025 —, ou encore Alexandre Boucheix, alias “Casquette Verte”, qui tentera de se qualifier pour l’UTMB 2027 en allant chercher un podium ou un UTMB index supérieur à 760 sur la course. À noter également la présence de Maëlle Beauvir, athlète du team New Balance, sur le 41 km.

+ Envoyée spéciale de Distances+, notre journaliste Aurore Tarenne sera sur place, ce week-end, pour vous faire vivre l’événement sur nos réseaux sociaux.

+ Menaces de mort sur la Spine Race +

Remportée le mercredi 14 janvier par le Français Sébastien Raichon, la Winter Spine Race a été marquée par un fait de course inhabituel. Sur un format inférieur (174 km et 5 400 m D+), sillonnant la partie sud de la Pennine Way — l’un des sentiers les plus célèbres d’Angleterre —, une concurrente britannique, Sarah Porter, s’est vue contrainte par les organisateurs de rendre son dossard après environ 50 km en raison de menaces de mort.

Entrepreneure engagée dans les domaines de l’inclusion et de l’humanitaire, fondatrice d’Inspired Minds, une organisation spécialisée dans l’intelligence artificielle et les technologies émergentes, la coureuse avait choisi de transformer ce défi en collecte de fonds pour soutenir les jeunes filles et les femmes afghanes.

Sarah Porter / © Spine RaceSarah Porter / © Spine Race

“Des personnes en ligne parlaient de m’exécuter à Standedge, du fait que je serais seule pendant la nuit, et il s’agissait de menaces très sérieuses”, a depuis confié Sarah Porter au podcast Run Ultra, tout en précisant qu’elle avait proposé aux équipes de la Spine Race de poursuivre la course sous pseudo. En vain. Dans un communiqué, les organisateurs de l’événement ont ainsi justifié leur choix : “Nous comprenons que cette décision soit décevante pour la coureuse concernée, mais la sécurité de tous nos participants demeure notre priorité absolue.”

“J’étais très émotive, a par ailleurs confié l’entrepreneure britannique au Guardian. Cela venait surtout du sentiment que j’avais laissé tomber les filles pour lesquelles je courais. Je m’étais construit tout un récit dans ma tête, je m’étais conditionnée en me disant que ce que je faisais était tellement insignifiant en comparaison de ce qu’elles endurent.” Intitulée “Run for freedom”, sa cagnotte est toujours en ligne et atteint aujourd’hui près de 125 000 euros.

+ Sortez le pop-corn ! +

Il arrive parfois un moment, selon les trajectoires et les tempéraments, où un sportif de haut niveau se retrouve prisonnier de sa propre carrière, et cherche désespérément à en sortir de la meilleure des manières. Réalisé par Timothée Ranger, le documentaire Finish Line (52 min) campe ainsi une Anne-Lise Rousset Séguret à fleur de peau, à la fois pressée d’en finir et soucieuse de réussir ses adieux, peut-être davantage pour faire plaisir aux siens qu’à elle-même.

On la suit pendant deux années, du rire aux larmes — nombreuses —, entre la désillusion de l’UTMB 2024, abandonné en raison d’un coup de froid et plus vraisemblablement d’un burn-out, et sa victoire à la Transvulcania (73 km et 4 350 m D+), à La Palma, aux Canaries, sa course de cœur. Sans oublier la der des ders, aux championnats du monde de trail, à Canfranc, sous les couleurs d’une équipe de France entraînée par son coach et mari, Adrien Séguret.

Victorieuse de la CCC en 2014 et auteure d’une deuxième place lors de la Diagonale des fous en 2022 et de la Hardrock 100 en 2023 — à chaque fois derrière l’Américaine Courtney Dauwalter —, l’athlète du team Scott a disputé les épreuves les plus prestigieuses de son sport. Pourtant, lorsqu’elle est interrogée dans le film sur son plus beau souvenir, aucune compétition ne lui vient à l’esprit. Comme un évidence, la Cantalienne répond “le GR20”, sa traversée du mythique sentier corse (180 km et 12 000 m D+), en 2021, dont elle détient toujours le record féminin en 35 h et 50 min.

À l’instar d’Anne-Lise Rousset Séguret, Simon Paccard a un faible pour les aventures collectives. À l’occasion de ses 25 ans, l’athlète Salomon a eu envie de s’offrir un défi en montagne, à côté de chez lui, dans les Aravis. Une traversée là encore, effectuée en 8 h et 59 min, par les plus hauts sommets du massif. Dans Simon and Us, (Antonin Claude, 36 min), on suit le Haut-Savoyard durant sa journée d’anniversaire record, entrecoupée d’images de la ferme familiale, à Gruffy, et de ses premières CCC et Pierra Menta, l’an passé. Autant d’instants au cours desquels les siens — qui brossent son portrait en voix-off — ne sont jamais très loin.

Simon Paccard / © Antonin ClaudeSimon Paccard / © Antonin Claude

+ Le Trail fait son cinéma est en tournée dans toute la France, et même en Suisse, en Belgique et au Luxembourg, depuis le 15 janvier et jusqu’au 24 mars 2026. Consultez le programme et la billetterie !

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Par Distances+

Distances + est un média journalistique, spécialisé dans le trail running.

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