Hymne à la vie

On vous parle de « L'arrivée d'une vie » dans la vie d'une championne, d’un événement de trail qui reprend vie en bord de mer et de vies qui « jouent » avec la mort en montagne.

Extra D+
6 min ⋅ 04/03/2026

🏃‍♀️ Extra D+ #31 🏃

Salut à tous !

Voici tout d’abord une bonne nouvelle en exclusivité : La Bande à D+ est de retour pour une 5e saison, ce jeudi 5 mars, avec un casting 100 % féminin et 100 % championnes du monde de trail. L’une d’elle, Marion Delespierre, sort un livre sur sa maternité « L’arrivée d’une vie » (Éditions Mons), dont nous vous parlons d’ailleurs ici.

Les plumes de cet EXTRA D+ sont, elles aussi, 100 % féminines. Julie Kermarrec a lu ce passionnant carnet de bord, Mélissa Mergoil a vécu la première édition sous le soleil de l’Atlantic Trail qui redonne vie - décidément - à l’oubliée course pédestre entre Rezé et Pornic le long de la côte Atlantique, tandis que Chloé Rebaudo a sorti le pop-corn et recommande depuis son canapé le film de Mathis Dumas sur le skieur freeride Léo Slemett.

Crédit photo de Une : Valentin Anger / Atlantic Trail

+ Quand une championne devient MAMAN +

En 2023, la toute nouvelle championne du monde de trail long Marion Delespierre bascule d’un sommet sportif vers l’inconnu (et le bonheur) de la maternité. Dans L’arrivée d’une vie, son livre à paraître début avril - et dès à présent en pré-commande - aux Éditions Mons, elle nous plonge dans l'intimité de sa grossesse qu’elle vit en continuant de courir, et des premiers instants de vie avec son fils, Léon.

À la manière de Daniel Pennac dans Journal d’un corps, la médecin du sport lyonnaise consigne, du 25 septembre 2023 au 27 septembre 2025, ses sensations en mêlant sensibilité et précision scientifique. Ce carnet de bord, écrit à cœur ouvert, décrit le corps en pleine adaptation, les fluctuations d’énergie, la peur de mal faire, la culpabilité et toutes les difficultés que peuvent représenter une grossesse. La traileuse démontre qu’il est possible de maintenir un éventail d’activités - course à pied, yoga, vélo, natation ou encore ski -, tout en s’écoutant et en respectant les nouvelles limites du corps : « Je ne façonne pas mon corps pour résister à un UTMB, mais pour un accouchement et surtout un post-partum », glisse-t-elle.

Dans la préface, la snowboardeuse Chloé Trespeuch - maman en 2024 et porte drapeau aux JO d’hiver de Milan-Cortina - estime, « avec le recul », qu’elle aurait aimé avoir le livre de Marion Delespierre « entre les mains quand, [avec son conjoint, ils] ont décidé de ne PAS choisir entre [s]es deux rêves : devenir maman ET rester une athlète olympique », soulignant le caractère universel de ce récit, destiné à toutes celles qui souhaitent concilier passion sportive et vie familiale.

La seconde moitié du livre évoque le vertige du post-partum, le récit haletant et émouvant de son accouchement, les blessures et la gestion mentale qui s’ensuit. Marion se montre vulnérable et honnête sur les doutes de son retour à haut niveau, mais aussi sur la véritable crise identitaire que peut provoquer la maternité.

De judicieuses et précieuses annexes offrent conseils pratiques, professionnels à consulter et étapes de réathlétisation et rééducation, faisant aussi de ce bouquin de près de 200 pages un guide précieux pour toutes les femmes sportives.

« L’arrivée d’une vie », de Marion Delespierre (Éditions Mons)

+ L’Atlantic Trail, une résurrection +

25 ans après la disparition de la célèbre course pédestre Rezé - Pornic (1988-2001), ce sont des traileurs qui ont débarqué au bord de l’océan en cette fin février pour la première édition de l'Atlantic Trail, en Loire-Atlantique. L’événement a été relancé par Laurent Blondeel et son équipe de la Maxi-Race, redonnant vie à cette ancienne marche, mais en privilégiant le trail, plus dans l’air du temps. Mais sans oublier pour autant les plus lents, les « randonneurs gourmands ». Distances+ était sur place pour vivre cette première édition, qui s’est déroulée sous le soleil, après la tempête qui avait laissé les sentiers bien boueux par endroit le long du littoral.

Une des particularités de l’Atlantic Trail, elle aussi dans l’air du temps, est de promouvoir et d’encourager les participants à se déplacer en train (Un service de navettes était également proposé aux coureurs pour rallier le point de départ une fois la ligne d’arrivée franchie). Le tracé Rezé - Pornic suit en effet la ligne de chemin de fer entre ces deux villes, entre Nantes et l’océan Atlantique. Un partenariat avec la SNCF avait d’ailleurs été mis en place pour le billet retour en train express régional, que les coureurs pouvaient se faire rembourser par l’organisation

Si l’événement proposait un 15 km et un 36 km, l’épreuve phare était bien le « 50 Miles » (80 km pour seulement 380 m D+), qu’il était aussi possible de parcourir en relais. Au total, près de 2700 coureurs ont pris un départ samedi - seul jour de course - pour tenter de rallier l’arrivée, à Pornic. 

Sur les sentiers de l’Atlantic Trail - Crédit : PC Course / Distances+

L’Angevin Emmanuel Bonnier, vedette locale et favori, a gagné le 80 km. Parti à 4 h du matin, il a rejoint en milieu de matinée le port de Pornic après 6 h 04 d’effort. Celui qui a fini 12e de la Diagonale des fous en octobre dernier a été accueilli par Erik Clavery, parrain de la course, et Yves Ponaire, initiateur de Rezé-Pornic à la fin des années 1980. Emmanuel Bonnier participera en avril aux championnats de France de 24 heures (record personnel de 255,5 km)

La routarde Justine Desgré s’est imposée - à sa grande surprise - en 8 h 23. Elle visait plutôt 10 h de course. « Je ne savais même pas que j’étais première, a-t-elle raconté à l’arrivée. J’étais suivie en vélo depuis une demi-heure, mais je pensais que j’étais troisième ». Le podium a été complété par Clémentine Bernard et Annie Paringaux. Cette dernière, dans la catégorie des 50-55 ans, a lâché un magnifique « elle est encore là, la vieille peau ! » juste après avoir franchi l’arche d’arrivée. À noter que sur l’ensemble des épreuves de l’Atlantic Trail, il y avait un peu plus de femmes que d’hommes.

Même s’il s’agissait, finalement, d’un nouvel événement, il y avait beaucoup de monde à Pornic pour accueillir les coureurs. Certains d’entre eux plaisantaient avec Yves Ponaire en se remémorant les souvenirs de la belle époque, il y a bien 30 ans, où marcher si longtemps entre deux villes emblématiques étaient un exploit sportif.

+ Sortez le pop-corn ! +

Toute la beauté et la dureté de la montagne se retrouvent dans Better up there, le film de Mathis Dumas. Il retrace le parcours du skieur freeride Léo Slemett (32 ans), qui a grandi à Chamonix en Haute-Savoie. Le Français — dont le timbre de voix ressemble beaucoup à celui du chanteur Orelsan —, a été, en 2013, à seulement 19 ans, le plus jeune skieur à intégrer le Freeride World Tour, la première catégorie mondiale. Cinq ans plus tard, il est devenu champion du monde.

Entre cimes, arêtes et descentes à couper le souffle, Mathis Dumas — ami et réalisateur de Léo Slemett — raconte en 45 minutes l’enfance de cette « tête brûlée », « tournée vers l’outdoor », sa soif de ski, mais aussi ses blessures. Des blessures physiques — il s’est cassé les deux bras, puis le genou deux semaines après son retour à la compétition — mais surtout émotionnelles, liées à la perte de deux êtres chers, disparus en montagne.

Le ski a fait alors partie de sa reconstruction, lui qui est atteint de la maladie de Crohn. « Tu as le droit de pleurer après la course. Par contre, avant, tu te saignes ! » lui avait dit l’un de ses proches. « Moi je suis un bon soldat, il n’y a pas de souci », commente Léo. Le premier drame s’en est suivi d’une fuite en avant. Le second a fait sombrer le jeune homme qui était en train de remonter la pente.

« La montagne nous prend ceux qu’on aime, mais on ne peut pas vivre sans elle » résume parfaitement cette ligne de crête sur laquelle Léo Slemett doit avancer.

Conseil de la rédaction : un ou deux mouchoirs ne seront pas de trop pour le visionnage.

+ À voir, Better up there (Mathis Dumas, 45 min, YouTube)

LE RÉSULTAT EN +

Mathieu Blanchard à l’arrivée du Lapland Arctic Ultra - Crédit : Emeric Roulic

Mathieu Blanchard a remporté le format 185 km du Lapland Arctic Ultra en Laponie suédoise après 38 heures d’effort (1 jour, 14 heures et 13 minutes plus précisément) dans la nuit de lundi 2 à mardi 3 mars. L’ultra-traileur, vainqueur des 650 km du Yukon Arctic Ultra 2025 souhaitait valider cette course pour tenter de participer à l’Iditarod, l’événement polaire de référence. Il faut en effet avoir fini au moins deux courses polaires pour prétendre prendre le départ de ce parcours extrême très sélectif, où les participants sont en autonomie. Mais il lui restera tout de même une étape obligatoire avant de se lancer sur la bambée hivervale de 1000 miles, soit 1600 km, en Alaska et tenter de décrocher le Graal : venir à bout de l’Iditarod 350 (560 km).

Son compatriote Thierry Corbarieu était quant à lui toujours en course - et en tête - de l’épreuve phare de 500 km de l’événement, au moment d’écrire ces lignes.

L’UNIVERS D+

+ NOUVEAUTÉ - Retrouvez le nouveau format de Distances+, « ITW D+ »  en vidéo sur YouTube et en podcast sur le canal de La Bande à D+. Premier épisode, en partenariat avec CIMALP : l’interview croisée de deux passionnés des courses polaires, Thierry Corbarieu et Guillaume Grima.

+ Écoutez le talk-show du trail La Bande à D+, présenté par Nicolas Fréret, avec 15 personnalités et experts du trail et de la course à pied. Le premier épisode de la 5e saison sera en ligne ce jeudi 5 mars avec les championnes du monde Marion Delespierre, Adeline Martin et Blandine L’hirondel.

+ À écouter aussi, les épisodes de la première saison du PC Course, « le podcast — très féminin — qui court après les histoires ». Ici, place aux émotions, aux confidences, aux récits, aux histoires fortes pour parler course à pied, que ce soit sur route ou sur sentier. La 2e saison s’élancera le 1er avril.

LES PROMOS D+

+  15 % de rabais sur une première commande de produits de nutrition Näak avec le code LBAD+.

+ 10 euros de rabais sur un abonnement de 6 ou 12 mois à la plateforme d’entraînement personnalisé RunMotion Coach avec le code DPLUS10.

+   10 euros sur l’achat de chaque casque SHOKZ avec le code LBAD+.

+ Distances+ est partenaire de la plateforme BeTrail, qui a développé un abonnement premium permettant notamment d’accéder à la visualisation de vos parcours de course, aux profils GPX, y compris en 3D, mais aussi d’estimer votre temps de course sur la base de votre niveau de performance et de la difficulté de l’épreuve.

À+ dans Extra D+ !

La rédac de Distances+

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Extra D+

Par Distances+

Distances + est un média journalistique, spécialisé dans le trail running.

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